Rome animal

Résidence à la Villa Medicis
Lieu Rome
Dates automne 2024

Rome animal propose de construire un récit non exhaustif des présences animales à Rome en articulant documents historiques et gravures réalisées lors de la résidence. L’enjeu est de donner à voir, par le croisement de fragments d’époques différentes, la manière dont les corps des bêtes ont marqué l’histoire de la ville et ce que cette présence pourrait générer aujourd’hui. Nous nous sommes appuyés sur la méthode développée pour l’exposition Paris animal (2023, Pavillon de l’Arsenal), ce qui nous a permis d’établir des analyses comparées entre Paris et Rome. Nous avons enquêté trois lieux : le Tibre, les murs d’Aurélien et la Via Appia. Une série de soixante dessins racontent nos traversées dans la ville, accompagnés de trois gravures présentant les forces en présence. Des recherches historiques ont permis de faire ressurgir d’autres récits, articulés par des textes qui posent les questions propres à chaque situation.

Extrait : « Les marges du Tibre. Nous avons parcouru les berges du Tibre pour comprendre comment ce milieu humide, potentiellement riche pour la biodiversité, est aménagé et habité. Les berges, très encaissées, sont hétérogènes : minérales à certains endroits, ponctuellement végétalisées à d’autres, et quasiment ensauvagées dans de nombreuses poches. Cet ensauvagement génère une prolifération de la faune et de la flore, mais le rend difficilement visitable, ce qui le préserve. Il est parfois habité par une population humaine marginale, avec des objets, des outils, des pratiques à l’écart des normes. Ces poches constituent des mondes puissants, fragiles et ensauvagés. »